Le dollar s’est encore apprécié, emportant l’EUR/USD à son plus bas niveau depuis des semaines

Enrique Díaz-Álvarez02/Mai/2018Analyse du marché des devises

Le dollar s’est encore apprécié, emportant l’EUR/USD à son plus bas niveau depuis plus de trois mois. Il est difficile de pointer la raison d’un tel mouvement, celui-ci n’étant pas dû à un événement unique mais plutôt à plusieurs surprises positives venant des publications économiques aux Etats-Unis. Il semblerait que cela ait suffi aux principaux acteurs du marché pour repousser leurs positions vendeuses sur le dollar renforçant ce dernier contre la plupart des devises du G10. La livre turque a été une exception car en forte croissance suite à une forte hausse des taux de la banque centrale de Turquie.

La semaine prochaine sera riche en nouvelles économiques et politiques. En plus de la réunion de la réserve fédérale mercredi, les réunions de banques centrales en Australie et en Norvège auront lieu respectivement mardi et jeudi. Les deux principales données de la semaine seront l’inflation en avril en zone euro, publié jeudi et le rapport mensuel de l’emploi aux Etat-Unis, publié vendredi.

EUR

La réunion d’avril de la BCE s’est avérée être un non-événement total. Le conseil et le président Draghi ont tous deux fait de leur mieux pour éviter de fournir de nouvelles informations sur leur vision des taux. La déclaration était essentiellement une copie de celle de la réunion précédente et aucune prévision n’a été publiée. Les indices PMI sur l’activité des entreprises au mois d’avril n’ont également montré aucun changement par rapport au mois précédent. L’euro était donc à la merci d’une crainte de hausse de taux aux États-Unis, les traders ayant des positions globalement acheteuses sur la monnaie unique, ont continué à dénouer ces positions, ramenant l’euro en-dessous de la fourchette des dernières semaines.

GBP

Les attentes d’une hausse des taux de la banque d’Angleterre ont été déboutées la semaine dernière, après un rapport sur la faible croissance du PIB au premier trimestre. La croissance annualisée est tombée de 1,4% au trimestre précédent, à 1,2% devenant la plus faible croissance parmi les principales zones économiques. Bien qu’il n’y ait pas beaucoup de détails dans ce rapport préliminaire, nous nous attendons à ce que la perte de vitesse soit temporaire et que les perspectives s’embellissent pour le Royaume-Uni d’ici le prochain trimestre. Par conséquent, nous pensons que la récente dépréciation de la livre sterling est excessive et nous attendons un rebond en particulier face à l’euro.

USD

La plupart des indicateurs économiques de la semaine dernière ont surpris à la hausse aux États-Unis. Le chiffre le plus important a été la croissance du PIB au premier trimestre, s’établissant à 2,3% en annualisé. Bien que les rendements des bons du trésor américain à 10 ans ne sont pas restés au-dessus de 3%, les vendeurs de dollar ont continué à couvrir leurs positions ce qui a permit de soutenir la devise à un niveau élevé pour 2018. La pression haussière sur le billet vert ne devrait pas s’atténuer cette semaine. Nous nous attendons à ce que le FOMC répète le message de la réunion précédente selon lequel la combinaison des données économiques et des mesures de relance budgétaire continue de justifier des taux plus élevés. Le rapport d’avril sur la création d’emplois publié ce vendredi et l’augmentation des salaires devrait allonger la liste des bonnes nouvelles pour le dollar.

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Écrit par Enrique Díaz-Álvarez

Chief Risk Officer at Ebury. Committed to mitigating FX risk through tailored strategies, detailed market insight, and FXFC forecasting for Bloomberg.